Lutte antitabac au Bénin: La société civile engagée associe les professionnels des médias à la lutte (Reportage)

Situation préoccupante, les jeunes béninois meurent des conséquences liées à la consommation des produits du tabac. Il faut agir. L’ong ‘IECT’ Initiative pour l’Education et le Contrôle du Tabagisme et la plateforme Halte tabagisme se donnent la main pour tirer la sonnette d’alarme. C’est ce qui motive l’organisation de ce déjeuner de presse, ce mercredi 18 Aout 2021 au centre ‘les Joyaux’ d’Abomey-calavi.
Déla Fidèle TAMADAHO

Chaque année, dans le monde, huit millions de personnes passent de vie à trépas pour avoir décidé un jour de toucher au tabac et d’en devenir accrocs. Chiffres inquiétants que dénonce le Dr Eugène GBEDJI, médecin en santé communautaire et consultant à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Il est révolté d’avoir vu mourir des jeunes à fleur d’âge.

Trophée d’encouragement des OSC antitabac prise d’arrêté interdisant la consommation du chicha par la Préfecture du Zou

Selon l’enquête STEPS de 2008, il faut comprendre que 80 pour cent de ces personnes vivent dans les pays en voie de développement’  Bien qu’il existe une autre enquête STEPS réalisée en 2015, celle de 2008 prend en compte les jeunes à partir de neuf ans et a déduit que la prévalence de la consommation du tabac dans la tranche neuf (9) ans – dix-neuf  (19) ans est de 18 pour cent, ce qui prouve que les gens commencent très jeunes à toucher au tabac. Alors que la moitié des utilisateurs vont mourir des conséquences sanitaires liées à la consommation des produits du tabac.” se désole Dr Gbedji.

Pour faire reculer le phénomène, le Bénin a révisé sa loi anti tabac en décembre 2017. Augustin FATON directeur de l’Ong IECT ‘Initiative pour l’Education et le Contrôle du Tabagisme’ est un activiste de la lutte anti tabac depuis une quinzaine d’année.

Il conseille: “Nous attendons que les hommes des médias deviennent des relais pour porter l’information aux populations et aux décideurs. Au delà des arrêtés, au delà de la loi, il faut passer à l’action. L’action qui permettra de déclarer l’aéroport international Cardinal Bernardin  Gantin de Cotonou, aéroport sans fumée. Il faut que l’arrêté qui permet d’éloigner les produits de tabac des étalages, des établissements, des institutions soit une réalité. Il faut que le chef de l’Etat du Bénin prenne un décret pour la création de l’office national pour la lutte anti tabac. défend Augustin FATON.

Cinq communications relatives à la nouvelle loi anti-tabac, ses implications, les risques de la consommation des produits du tabac et des arrêtés préfectoraux interdisant la consommation de la chicha, ont alimenté les débats. Les professionnels des médias ont exprimé des inquiétudes quant à l’applicabilité de la loi. Blandine Sintondji Yaya, présidente de l’association halte tabagisme se prononce à ce sujet. ‘Lorsqu’une loi est adoptée, elle peut être appliquée si il y a des plaintes ou des dénonciations. Si on doit sanctionner, cela doit partir des commissariats. Blandine Sintondji Yaya exhorte les citoyens à porter plaintes en appelant le 166 quand ils sont témoins des scènes de consommations de la chicha et des autres produits du tabac. Ce serait un acte patriotique.

Les professionnels des médias présents à cette rencontre sont repartis engagés à informer sur les effets dévastateurs des produits de tabac. Il faut signaler que la société civile engagée dans la lutte antitabac a profité de cette rencontre pour décerner un trophée à la préfecture du zou. La première à prendre un arrêté préfectoral pour interdire la consommation de la chicha sur son territoire.

Reportage

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